Rôle des représentations motrices dans la perception visuelle des mouvements humains

Par Christel Bidet-Ildei, Jean-Pierre Orliaguet, Yann Coello
Français

Résumé

L’interprétation des mouvements produits par autrui est essentielle à la communication sociale. De très nombreuses recherches ont tenté de préciser quels pouvaient être les mécanismes susceptibles d’expliquer l’extraordinaire sensibilité du système visuel au mouvement biologique. Une des orientations théoriques dominantes a consisté à envisager la perception des mouvements humains comme relevant d’une interaction perceptivo-motrice s’appuyant sur des réseaux neuronaux connectant les aires sensorielles primaires, les aires associatives et les aires motrices et pré-motrices. L’existence de ces réseaux impliquerait de ce fait l’existence de neurones actifs lors de l’observation et lors de la réalisation d’actes moteurs (neurones miroirs). De nombreuses données expérimentales et neurobiologiques sont venues étayer cette conception suggérant notamment que l’identification des actions observées dépendait au moins en partie du niveau de maîtrise de ces actions par l’observateur. Toutefois, d’autres résultats laissent à penser que les traitements visuels ne sont pas toujours subordonnés au niveau d’expertise motrice. La revue de question proposée ici se situe dans ce contexte expérimental et théorique. Son objectif n’est pas de faire un inventaire exhaustif des données empiriques validant l’existence d’un lien entre motricité et perception, mais plutôt de présenter les résultats expérimentaux permettant de mieux comprendre les relations entre perception et action et de montrer les conditions dans lesquelles elles jouent un véritable rôle adaptatif.

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